Aprile 8, 2023

ARCHEOCLUB D’ITALIA sede VAL di COMINO Isabella d’Este Conzaga di Mantova nel 1517 si reca a Saint Antoine l’Abbaye per chiedere la grazia per la guarigione di suo marito a cura Ferdinando Marfella, Mario Equicola et les automates de Saint Antoine l’Abbaye. Gli Automi di Saint Antoine l’Abbaye.

ARCHEOCLUB D’ITALIA sede VAL di COMINO Isabella d’Este Conzaga di Mantova nel 1517 si reca a Saint Antoine l’Abbaye per chiedere la grazia per la guarigione di suo marito a cura Ferdinando Marfella, Mario Equicola et les automates de Saint Antoine l’Abbaye. Gli Automi di Saint Antoine l’Abbaye.

ARCHEOCLUB D’ITALIAsede VAL di COMINOHOMECHI SIAMOEVENTIARCHEOBLOGDIVENTA SOCIOCONTATACIMario Equicola et les automates de Saint Antoine l’Abbaye de FERDINANDO MARFELLA Modèle de l’automate de chevalier Léonard et (à côté) ses mécanismes internes (exposition Leonardo da Vinci. Mensch – Erfinder – Genie, Berlin 2005) (source : Wikipedia, public domino). Le voyage en Provence de Mario Equicola de 1517 fut entrepris à la suite d’Isabelle d’Este Gonzaga dans le but, comme l’a déclaré la Marquise, de dissoudre un vœu au sanctuaire de la Madeleine à Nanse. Pendant le voyage, il y eut la visite au sanctuaire de Saint Antoine l’Abbaye en Dauphiné [1], juste au-delà de la frontière avec la Provence sur la rivière Isère. La description laissée par Mario Equicola dans l’Iter reste gravée dans l’imagination du lecteur : le majestueux orgue à tuyaux et ses automates musicaux fascinent et enchantent le lecteur en capturant son attention et en suscitant sa curiosité. L’Equicola a eu le mérite de s’être arrêté sur les détails de la machine musicale, précieuse et ingénieuse pour son temps; le prof. Domenico Santoro – maxime biographe de l’Equicola – a fidèlement rendu dans sa traduction en italien le témoignage, unique de son genre, d’une œuvre de génie humain. Les performances de l’orgue à tuyaux décrit dans l’Iter étaient à l’avant-garde de l’époque : en effet, l’imposant instrument était doté de plusieurs registres musicaux qui en renforçaient l’expressivité. L’organaro pouvait contrôler le flux d’air dans les tuyaux individuels en ajustant la longueur de chaque note par les ventilateurs de son clavier. L’Equicola se montre fasciné par l’ingéniosité des mécanismes nécessaires pour faire fonctionner les automates de l’organe à tuyaux. Alvitano vivait à la cour à Mantoue dans un monde d’humanistes mais aussi d’ingénieurs; il était le contemporain de Léonard de Vinci et de nombreux autres experts en mécanique

Au génie humaniste, l’Equicola alternait intérêt pour la technique et technologie [2]. Nous retrouvons un éclair de cela dans son De Opportunitate, qu’il avait écrit lorsqu’il était employé par le cardinal Ippolito d’Este, frère d’Isabella. Dans ce bref ouvrage, écrit en latin sous forme de dialogue, on décrit une entreprise utilisée par le Cardinal dans laquelle on invite à saisir le bon moment pour faire les choses pour obtenir le meilleur résultat. Il s’est avéré que l’entreprise en question, représentant un faucon avec un mécanisme d’horloge, est un rebus conçu par Léonard de Vinci et offert au cardinal Ippolito d’Este à Rome. La preuve d’une telle paternité serait même dans un de ses codes. “Fal-con Tempo” est le sens du rebus : saisir l’instant pour réussir dans la mission diplomatique auprès du seigneur de service [3]. Les automates étaient construits avec des mécanismes déjà utilisés au Moyen Âge, comme des marionnettes ou comme des souffleurs qui utilisaient le flux d’air pour générer du mouvement et des sons; d’autres solutions techniques, comme celles adoptées pour générer le mouvement oculaire et des mâchoires des automates ou pour réaliser le son du roulement continu des tambours, nous pouvons les retrouver aussi dans les machines de cour utilisées pour les décors des fêtes de la Renaissance [4] et dans le secteur naissant de la mécanique de précision, à savoir l’horlogerie [5]. L’orgue de Saint Antoine l’Abbaye décrit par l’Equicola fut construit en 1515, quand il était abbé Theodore Mitte [6]. L’Equicola et quelques contemporains le décrivent comme une machine musicale imposante capable d’attirer les pèlerins, les hospitaliers, les malades et les fidèles de diverses origines sociales et économiques, les intriguant avec ses automates musicaux et les ravissant avec ses registres et ses décorations précieuses. La machine musicale exposée sur le chœur principal avait évidemment aussi l’intention de représenter le prestige, le pouvoir et l’opulence de l’Ordre d

odulatissimis organis hujus sacri cenobii templum extitit decoratum. Nec ad hec usque tempora communi omnium judicio tam célèbre ejus generis opus alibi cernitur.” Malheureusement, l’orgue décrit par Equicola anle plus détaillé et précis disponible, le seul connu qui rapporte la présence de ses automates musicaux [10]. L’orgue dont on écrit qu’il avait été réalisé en 1515 par saint Antoine abbé de Vienne [7]. Isabelle d’Este, collectionneuse d’instruments de musique ainsi que d’œuvres d’art et d’antiquités, en admira le 1er mai 1517 les décorations et la présence de plusieurs registres. L’orgue attire, le 1er novembre 1517, l’attention du chanoine molfettan de Beatis, secrétaire du cardinal Louis d’Aragon, qui le décrit “beau et grand, doté de nombreux registres, orné et d’une représentation de l’archange Gabriel dans l’acte de l’Annonciation à la Vierge” [8]. Une description de l’orgue a également été conservée dans les rapports du principal historien antonien, l’abbé Aymar Falco [9] : “Ejus quoque Theodori (S. Chamondi) abbatis temporibus, anno scilicet quingentesimo quinto decimo supra millesimum, sumptuosissimo atque singularissimo opere fabricatis mdò distrutto nelle guerre di religione della seconda metà del Cinquecento quando la chiesa subì diversi incendi. La description qu’en fit l’Equicola dans l’Iter est celle d’un jeune (adolescent) artisan italien, encore inconnu de nous. L’instrument était équipé de plusieurs registres permettant de simuler d’autres instruments de musique tels que des trompettes ou des sifflets. La configuration des tuyaux métalliques (stannea, étain, probablement étain, comme le font encore aujourd’hui les maîtres organaires de la tradition) voyait les plus gros, et donc avec les notes les plus basses, disposées de côté, comme dans les organes portatifs [11]. Les rouleaux de tambour étaient probablement actionnés avec des poids car ils déclenchaient avec l’actionnement d’un bouton. Les automates de l’organe fonctionnaient par contre avec le mouvement et la pression de l’air,

leurs mouvements étant liés au son des roseaux. La description des têtes animées des automates rappelle les souffleurs médiévaux qui, actionnés par des flux d’air, émettaient des sons. Les automates mécaniques étaient déjà populaires au Moyen Âge. En effet, dans la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg, en France, on conserve encore aujourd’hui des automates médiévaux [12] : un héraut, un vendeur de bretzel et un lion, mis en service pendant la Pentecôte, réservaient toujours aux fidèles un petit spectacle. D’autres automates étaient déjà bien connus au temps de l’Equicola, dans une Renaissance féconde d’inventeurs et d’ingénieurs : Léonard de Vinci en avait déjà conçu et réalisé pour les Sforza à Milan et pour le Roi de France. Des machines d’une complexité similaire mais avec une plus grande miniaturisation seront construites dans les années suivantes par des maîtres horlogers comme le Crémonen Gianello Torriani (adolescents à l’époque de la construction de l’orgue en 1515, mais il n’y a aucune preuve de son implication dans la réalisation de l’orgue de Saint Antoine l’Abbaye), auteur d’un automate fantastique (ou même d’une série d’entre eux) qui se déplaçait selon le parcours d’une étoile à cinq branches, bougeait pieds, mains, tête, bouche et yeux, et accomplissait l’acte de jouer un tympan, de chanter et de danser. Ce type d’automates était entraîné par des systèmes complexes d’engrenages à ressort. L’important instrument de musique aura nécessité de nombreuses ressources pour être conçu et réalisé [13]. Le sanctuaire de Saint Antoine abbé de Vienne [14] gardait les reliques du saint depuis le XIe siècle, considérées comme thaumaturgiques et miraculeuses, et basait une partie de son économie sur les aumônes dérivant de la dévotion des pèlerins pour les reliques. Les dévots voulaient les toucher parce qu’elles étaient considérées comme thaumaturgiques [15]. Dans la première moitié du XVIe siècle, cette localité fut la destination de pèlerinages lointains et fréquents comme cela avait été le cas dans les deux siècles précédents, avec des visites de rois [16], princes, nobles et bénis

de toute l’Europe; Aymar Falco rapporte que le pape Clément VII et deux futurs cardinaux papes, Jules II et Léon X, ont visité le sanctuaire; au cours de 1514, plus de dix mille Italiens ont visité le sanctuaire et, dans les années suivantes, des multitudes de pèlerins de Hongrie et des pays voisins. Le flux de pèlerins qui se rendaient sur place était géré au XIe siècle par un groupe de laïcs qui commencèrent à prendre soin des malades de l’ergotisme. Plus tard, en 1297, le pape Boniface VIII a émis la bulle qui a constitué l’ordre des chanoines réguliers de Saint-Antoine de Vienne, à des fins hospitalières et monastiques

militaires, dans le respect de la règle de saint Augustin. Saint Antoine l’Abbaye était devenue, dans les deux siècles précédant la visite d’Isabelle, la puissante maison mère des chevaliers du tau ou du feu sacré. Les Antoniens de Vienne se distinguaient par leur robe noire avec une grande croix cousue, en forme de tau bleu, probablement teint du gué qui était cultivé en Languedoc, à la frontière avec la Provence [17]. Ils se prodiguaient pour soigner les malades du soi-disant mal des ardents ou du feu sacré : une série de graves affections de la peau aujourd’hui reconnue comme une série de maladies différentes comme l’ergotisme [18], l’herpès zoster, la syphilis (qui s’est répandue en Europe depuis le Nouveau Monde) et parfois la lèpre et la peste. Apparemment, ils confondaient les maladies avec des symptômes similaires. L’ordre d’Antonian a fondé des hôpitaux qui se sont répandus comme une traînée de poudre dans toute l’Europe [19] et qui se soutenaient par l’aumône, les rentes, les legs et l’élevage des porcs : ces derniers pouvaient gruger librement, dans la mesure où ils sont autorisés et caractérisés par une cloche de reconnaissance, même dans les murs des villes, contrairement aux porcs des agriculteurs. Parce qu’ils étaient protégés contre les malintentionnés à la fois par la loi et par la peur d’encourir les ardeurs de la colère du saint, la tradition porta à identifier dans les siècles le père du monachisme comme protecteur des animaux. Des porcs, les antoniens de Vienne obtenaient nourriture, pour eux et pour les malades, et en plus ils réalisaient des onguents émollients pour pouvoir soulager les plaies du mal des ardents. Les Chanoines percevaient, ou avaient chargé de le faire pour eux, en se faisant reconnaître par la bure, par le bâton en forme de tau et en sonnant une cloche d’argent. La collecte de l’aumône provoquait souvent des controverses avec d’autres ordres religieux comme par exemple les bénédictins de l’abbaye de Montmajour près d’Arles, séculaires rivaux des antoniens de Vienne [20]. Les pèlerins étaient une source de reddit

pour l’ordre : comme c’était le cas partout dans le monde chrétien, mais en particulier, en Provence pendant la période avignonnaise des papes, leurs visites déplaçaient l’économie de l’époque. Les pèlerins cherchaient à sauver l’âme des souffrances de l’enfer et à toucher les reliques sacrées pour guérir ou se protéger du mal, les antoniens fournissant les modalités de rançon. Il arrivait cependant que les Antoniens se fassent prendre la main et que les reliques vénérées soient redondantes au point de mettre en doute la véracité. C’est ce qu’affirmait Mario Equicola à travers le récit de Domenico Santoro qui en rapportait l’incrédulité. Dans le Chant XXIX du Paradis, Béatrice condamne les frères de l’Ordre de Saint Antoine Abbé qui profitent de la naïveté des hommes pour engraisser leurs porcs (s’enrichir). Le cardinal Louis d’Aragon dans le carnet de voyage de 1517-1518 rédigé par de Beatis a même demandé et obtenu le compte “os à os” [21] des reliques entre les deux principaux monastères de saint Antoine abbé en Provence pour vérifier la présence de faux : Celui de Saint Antoine, l’Abbaye et celui d’Arles. Le cardinal resta interdit de constater deux corps du saint en Provence, “vrais” clous de la croix suffisamment pour cent croix, reliques dupliquées ou triplées, croyances, superstitions, présences de reliques païennes et de monstres de bestiaire médiéval (comme croyance populaire, pensez au dragon Tarascuro tué par sainte Marthe à Tarascon, rapporté par l’Equicola et le Santoro). Le cardinal s’est plaint de vénérations irrationnelles et de la présence d’un véritable merchandising, comme nous le disons aujourd’hui, qui s’était développé dans le bourg autour de l’église Saint-Antoine : on vendait des statues du saint, des cloches, des taus, des porchettis d’argent (de bas alliage ou “archimistrati”)Ex-voto en forme de bras du saint. Le cardinal craignait que de telles entorses puissent conduire à péricol

conséquences. Et elles furent ponctuellement là parce que pendant la Réforme protestante et les guerres qui s’ensuivirent, ce furent précisément les fausses (et vraies) reliques, la perte de spiritualité et surtout la vente des indulgences qui furent des sources de critique féroce. La même réforme protestante qui a mis en place une série de mécanismes pour lesquels l’Iter dell’Equicola a disparu de la circulation ou a subi des critiques pour ses “révélations” sur Marie-Madeleine.ANNEXE Report, ci-dessous, le texte en latin de la description de l’orgue musical de Saint Antoine l’Abbaye et de ses automates musicaux, tiré de l’Iter in Narbonensem Galliam, et sa traduction en italien, réalisée par Domenico Santoro dans la brochure Le voyage d’Isabella Gonzaga en Provence. “Vidimus praeterea Musicum Ingens organum… hoc dum folles accipiunt redduntque animas, occultos pour meatu

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‘Iter dell’Equicola a disparu de la circulation ou a été censuré pour ses “révélations” sur Marie-Madeleine.APPENDICEReport, ci-dessous, le texte en latin de la description de l’orgue musical de Saint Antoine l’Abbaye et de ses automates musicaux, tiré de l’Iter in Narbonensem Galliam, et sa traduction en italien, réalisée par Domenico Santoro dans la brochure Le voyage d’Isabella Gonzaga en Provence.“Vidimus praeterea Musicum Ingens organum… hoc dum folles accipiunt redduntque animas, occultos per meatus ventus stanneas inflat fistulas, Sibilaque excitat arguta harum gradatim altera alteram magnitudine altitudineque superat, vocemque hac proportione emittunt canthes : tum stridulam Tinnientemque tum gravem atque plenam : Peritus artifex ut qui folles commovet minister posteriori stat sic ipse anteriori sedet parte Digitis modo expansis, remissis semper errantibus modo, bratteas premit dentato ordine dispositas, hinc fistularum foramina auras referata accipiunt, modulatusque editur sonus qui nunc continuo spiritu trahitur in longum, nunc variatur inflexo, nunc distinguitur conciso. Dum tollit manum clauduntur eadem, ventumque non admittentia silent, spiritus enim ubi deficit, dissolvitur statim Cantus, Quod ante nostram aetatem neque visum neque auditum est, ingeniosissimus adolescens nostras excogitavit, ut illa eadem inclusa anima diversos imitaretur musicae modos, redditusque imprimis clangor tubarum, Tibiarum quoque vox promittitur, revocatur, infuscatur, ac siquis erranti intonaret digito, strepit illic reboatque doliolo ligneo. Utrinque corium extensum barcillo pulsatum gemino, Credas ferocissimos rhetios aut duros helvetioscieri in praelia, Haec alios me vero praecipue oblectarunt Giganteae staturae capita duoquae inane, quod inter eminentiores humilioresque fistulas est, occupabant ea agitante vento, vitro lucentia lumina humanos imitantia oculos extollebant deprimebantque grata gravitate. Aperto ore linguam exertam celeri motu vibrabant, erant et

sublimiori fastigio Icones, quae pariter Aura pénétrant se movebant, Sed nihil à Barbatos istos Gigantes quorum alter Ethiops, notre autre erat generis.” “Nous avons aussi vu le grand orgue musical… Comme les soufflets accueillent et émettent l’air, le vent, en suscitant des esprits sifflants, passe pour des meati occultes, dans des tuyaux métalliques qui, érigés en ordre croissant de hauteur et de grandeur, envoient, proportionnellement, une voix qua stridente et tinnula, là pleine et grave. Or, tandis que d’autres par l’arrière soulèvent et abaissent les soufflets, le maître expert assis devant, les doigts tendus, lorsqu’ils sont rétrécis, appuie sur les touches disposées en forme de lamelles en rangée dentée; vagues, en ouvrant les trous des cannes, y pénètre le souffle et en sortent des notes harmonieuses, soit longuement tenues, soit diversement modulées, soit brusquement brisées. Au lever des mains, les trous se referment et, ne laissant plus passer le vent, ils se taisent : manquant le Spiro, immédiatement le chant. Mais – ce que nous n’avons jamais vu ni entendu auparavant – un jeune homme très ingénieux a trouvé le moyen de se servir de l’air là-bas pour imiter différents instruments de musique : tu entendrais ainsi sonner les trompettes, et la voix des flûtes se prolonger, S’il appuie fort son doigt sur un bouton, le crissement et le rebond d’un tambour, frappé par deux baguettes, te feraient croire que les Filets très violents ou les gagliards Elvezii font irruption au combat. Les autres s’en délectèrent, et je fus particulièrement admiré par deux têtes gigantesques, placées entre les plus hautes et les plus basses roseaux : en introduisant dans leur creux le vent, ils levaient et inclinaient gravement les yeux vitreux, Et, la bouche ouverte, ils se mirent dehors, et avec un mouvement rapide ils vibraient la langue. Il y avait aussi, au souverain, des figures qui, en pénétrant l’air, se déplaçaient : un rien en comparaison de ces deux géants barbus, l’un de race éthiopienne, l’autre de type local.” Traduction de Dominique SantoroNOTE[1]

  • La localité du Dauphiné par La Motte Saint Didier prit le nom de Saint Antoine l’Abbaye par la présence du sanctuaire antonien. [2] – Dans sa maison de Mantoue, l’équidé y avait ajouté une papeterie, équipée des machines nécessaires, et une forge. [3] – Bernhard Schirg, “Decoding da Vinci Entreprise : Leonardo’s gift to cardinal Ippolito d’Este and Mario Equicola de Opportunitate”, Journal of the Warburg and Courtauld Institutes, LXXVIII (2015). [4] – Pensez par exemple aux automates mécaniques fabriqués par Léonard de Vinci ou Gianello Torriani, horloger de Charles V.[5] – Les premières montres portatives (à ne pas confondre avec les montres-bracelets actuelles) étaient de la taille d’un petit meuble et commençaient à être produits au début du XVIe siècle. [6] – Il a également occupé d’importants rôles politiques locaux dans le Dauphiné. [7] – On trouve des cas similaires dans : Paola Dessì, “Orgues, montres et automates musicaux : objets sonores pour le pouvoir”, Acta Musicologica, LXXXII/1 (2010) pp. 21-47. [8] – Itinéraire du voyage du cardinal Louis d’Aragon rédigé par Antonio de Beatis, à A. Chastel, Louis d’Aragon. Un cardinal de la Renaissance en voyage pour l’Europe, Laterza, Rome-Bari 1987, p.251. [9] – Abbaye Falco, Anton. hist. comp. , f finga. CIIII. [10] – Le texte original en latin avec sa traduction par Domenico Santoro est dans les approfondissements du présent Cahier. [11] – Les orgues contemporains commençaient à avoir, dès la fin du XVe siècle, les plus grosses cannes au centre pour réduire l’effet de retard dans le son des notes les plus basses, lié à la mécanique et à la quantité d’air à distribuer avec les soufflets. [12] – Fabriqué par Claus Karlen entre 1324 et 1327. [13] – Il s’agissait d’une œuvre d’artisanat de pointe à réaliser dès la plus petite pièce particulière avec les techniques de l’époque. [14] – Ville du Dauphiné, chef-lieu de Saint Antoine l’Abbaye. Saint Antoine Abbé était aussi appelé “de Vienne” ou “de Bienne”. [15] – Isabelle d’Este aura demandé la
  • guérison de son mari François II. [16] – Les rois de France étaient eux-mêmes considérés comme thaumaturges, notamment contre la scrofole (cf. l’essai de Marc Bloch “Les rois thaumaturges”).
[16] – Les rois de France étaient eux-mêmes considérés comme thaumaturges, notamment contre la scrofole (cf. l’essai de Marc Bloch “Les rois thaumaturges”). [17] – Il faut souligner que saint Antoine abbé, à l’époque du voyage en Provence de l’Equicola, n’était pas relégué au simple rôle actuel de patron des animaux, mais de thaumaturge contre le mal des ardents. [18] – Forme d’empoisonnement par une espèce de champignon toxique, Claviceps purpurea, qui infestait les cultures de seigle. [19] – Cf. Carlo Gelmetti, “Il fuoco di Sant’Antonio”, 2007, Springer : “L’Ordre en vint à fonder 389 abbayes-hôpitaux dans le monde chrétien d’alors et devint l’un des ordres religieux hospitaliers les plus importants de l’histoire”. [20] – Avec les bénédictins de Montmajour était également ouverte la question de savoir qui possédait, entre les deux monastères, les reliques originales du saint. [21] – par Ms. XF28. Textes tirés de “Les Cahiers de l’Archeoclub Val di Comino n. 2 – Actes du congrès Le voyage d’Isabelle d’Este Gonzaga en Provence, Alvito 29 avril 

Mario Equicola e gli automi di Saint Antoine l’Abbaye

di FERDINANDO MARFELLA

Modello dell’automa cavaliere di Leonardo e (a fianco) i suoi meccanismi interni (esposizione Leonardo da Vinci. Mensch – Erfinder – Genie, Berlino 2005) (fonte: Wikipedia, pubblico domino).

Il viaggio in Provenza di Mario Equicola del 1517 fu intrapreso al seguito di Isabella d’Este Gonzaga con la finalità, come dichiarato dalla Marchesa, di sciogliere un voto presso il santuario della Maddalena a Nanse.

Durante il viaggio ci fu la visita al santuario di Saint Antoine l’Abbaye in Delfinato [1], poco oltre il confine con la Provenza sul fiume Isère. La descrizione lasciataci da Mario Equicola nell’Iter rimane impressa nell’immaginazione del lettore: il maestoso organo a canne e i suoi automi musicali affascinano e suggestionano il lettore catturandone l’attenzione e suscitandone la curiosità. L’Equicola ha avuto il merito di essersi soffermato sui dettagli della macchina musicale, pregevole ed ingegnosa per i suoi tempi; il prof. Domenico Santoro – massimo biografo dell’Equicola – ha reso fedelmente nella sua traduzione in italiano la testimonianza, unica del suo genere, di un’opera dell’ingegno umano. Le prestazioni dell’organo a canne descritto nell’Iter erano all’avanguardia per quei tempi: infatti, l’imponente strumento era dotato di diversi registri musicali che ne potenziavano l’espressività. L’organaro poteva controllare il flusso d’aria nelle singole canne regolando la lunghezza di ogni nota tramite i ventilabri dalla sua tastiera.

L’Equicola si dimostra affascinato dall’ingegnosità dei meccanismi necessari a far funzionare gli automi dell’organo a canne. L’alvitano viveva a corte a Mantova in un mondo di umanisti ma anche di ingegneri; era coevo di Leonardo da Vinci e di tanti altri esperti di meccanica. Al genio umanistico l’Equicola alternava l’interesse per la tecnica e la tecnologia [2]. Ritroviamo un lampo di ciò nel suo De Opportunitate, che aveva scritto quando era alle dipendenze del cardinale Ippolito d’Este, fratello di Isabella. In tale breve opera, scritta in latino in forma di dialogo, si descrive un’impresa utilizzata dal Cardinale in cui si invita a cogliere il momento giusto nel fare le cose per ottenere il massimo risultato. Si è dimostrato che l’impresa in questione, rappresentante un falco con un meccanismo di orologio, sia un rebus ideato da Leonardo da Vinci donato al cardinale Ippolito d’Este a Roma. La prova di tale paternità sarebbe addirittura in uno dei suoi codici. “Fal-con Tempo” è il significato del rebus: cogliere l’attimo per aver successo nella missione diplomatica presso il signore di turno [3].

Gli automi erano costruiti con meccanismi già utilizzati nel Medioevo, come le marionette o come i soffiatori che utilizzavano il flusso d’aria per generare movimento e suoni; alcune altre soluzioni tecniche, come quelle adottate per generare il movimento oculare e delle mandibole degli automi o per realizzare il suono del rullo continuo dei tamburi, le possiamo ritrovare anche nelle macchine di corte utilizzate per le scenografie delle feste rinascimentali [4] e nell’allora nascente settore della meccanica di precisione, ovvero l’orologeria [5].

L’organo di Saint Antoine l’Abbaye descritto dall’Equicola fu costruito nel 1515, quando era abate Theodore Mitte [6]. L’Equicola e alcuni contemporanei lo descrivono come una macchina musicale imponente capace di attirare i pellegrini, gli ospedalieri, gli ammalati ed i fedeli di diverse estrazioni sociali ed economiche, incuriosendoli con i suoi automi musicali e deliziandoli con i suoi registri e con le sue pregevoli decorazioni. La macchina musicale messa in bella mostra sul coro principale aveva evidentemente anche l’intento di rappresentare il prestigio, il potere e l’opulenza dell’Ordine di Sant’Antonio Abate di Vienne [7].

Isabella d’Este, collezionista di strumenti musicali oltre che di opere d’arte ed antichità, il primo maggio 1517 ne ammirò le decorazioni e la presenza di diversi registri. L’organo attirò, il primo novembre 1517, anche l’attenzione del canonico molfettano de Beatis, segretario del cardinale Luigi d’Aragona, che lo descrisse “bello e grosso, dotato di tanti registri, ornato e con una rappresentazione dell’arcangelo Gabriele nell’atto dell’Annunciazione alla Vergine” [8]. Una descrizione dell’organo si è conservata anche nei rapporti del principale storico antoniano, l’abate Aymar Falco [9]:

“Ejus quoque Theodori (S. Chamondi) abbatis temporibus, anno scilicet quingentesimo quinto decimo supra millesimum, sumptuosissimo atque singularissimo opere fabricatis modulatissimis organis hujus sacri cenobii templum extitit decoratum. Nec ad hec usque tempora communi omnium judicio tam celebre ejus generis opus alibi cernitur.”

Purtroppo, l’organo descritto dall’Equicola andò distrutto nelle guerre di religione della seconda metà del Cinquecento quando la chiesa subì diversi incendi. La descrizione che ne fece l’Equicola nell’Iter è la più dettagliata ed accurata disponibile, l’unica conosciuta che riporta la presenza dei suoi automi musicali [10].

L’organo di cui si scrive era stato realizzato nel 1515, da un giovane (adolescens) artigiano italiano, a noi tuttora ignoto.

Lo strumento era dotato di diversi registri che permettevano di simulare altri strumenti musicali come trombe o fiati. La configurazione delle canne metalliche (stannea, di stagno, probabilmente peltro, come ancora oggi fanno i maestri organari della tradizione) vedeva quelle più grosse, e dunque con le note più basse, disposte di lato, come negli organi portativi [11]. I rulli di tamburo erano attivati probabilmente con dei pesi poiché scattavano con l’azionamento di un pulsante. Gli automi dell’organo funzionavano invece col movimento e la pressione dell’aria, essendo i loro movimenti legati al suono delle canne. La descrizione delle teste animate degli automi fatta ricorda i soffiatori medievali che, azionati da flussi d’aria, emettevano suoni. Gli automi meccanici erano già popolari nel Medioevo. Infatti, nella cattedrale di Nostra Signora a Strasburgo, in Francia, ancora oggi si conservano alcuni automi medievali [12]: un araldo, un venditore di brezel e un leone, messi in funzione durante la Pentecoste, riservavano sempre ai fedeli un piccolo spettacolo. Altri automi erano già ben noti al tempo dell’Equicola, in un Rinascimento fecondo di inventori ed ingegneri: Leonardo da Vinci ne aveva già progettati e realizzati per gli Sforza a Milano e per il Re di Francia. Macchine di simile complessità ma con maggiore miniaturizzazione saranno costruite negli anni successivi da maestri orologiai come il cremonese Gianello Torriani (adolescens al tempo della costruzione dell’organo nel 1515, ma non c’è prova di un suo coinvolgimento nella realizzazione dell’organo di Saint Antoine l’Abbaye), autore di un fantastico automa (o addirittura di una serie di essi) che si spostava secondo il percorso di una stella a cinque punte, muoveva piedi, mani, testa, bocca ed occhi, e compiva l’atto di suonare un timpano, di cantare e di danzare. Tale tipologia di automi era mossa da complessi sistemi di ingranaggi caricati a molla.

L’importante strumento musicale avrà richiesto molte risorse per essere progettato e realizzato [13]. Il santuario di Sant’Antonio Abate di Vienne [14] custodiva le reliquie del santo dal secolo XI, ritenute taumaturgiche e miracolose, e basava parte della sua economia sulle elemosine derivanti dalla devozione dei pellegrini per le reliquie. I devoti intendevano toccarle in quanto esse erano ritenute taumaturgiche [15]. Nella prima metà del Cinquecento, questa località fu meta di lontani e frequenti pellegrinaggi così come era avvenuto nei due secoli precedenti, con visite di re [16], principi, nobili e benefattori da tutta Europa; Aymar Falco, riportò che Papa Clemente VII e due cardinali futuri papi, Giulio II e Leone X, avevano visitato il santuario; durante il 1514 si registrarono più di diecimila italiani in visita e, negli anni successivi, moltitudini di pellegrini dall’Ungheria e dai paesi limitrofi.

Il flusso di pellegrini che si recavano in loco era gestito nel XI secolo da un gruppo di laici che cominciarono a prendersi cura degli ammalati di ergotismo. Successivamente, nel 1297, Papa Bonifacio VIII emise la bolla che costituì l’ordine dei canonici regolari di Sant’Antonio di Vienne, con finalità ospedaliere e monastico-militari, nel rispetto della regola di Sant’Agostino. Saint Antoine l’Abbaye era diventata, nei due secoli precedenti la visita di Isabella, la potente maison-mere dei cavalieri del tau o del fuoco sacro. Gli antoniani di Vienne si distinguevano perché indossavano un saio nero con una grossa croce cucita, a forma di tau azzurro, probabilmente tinto col guado che veniva coltivato in Linguadoca, al confine con la Provenza [17]. Si prodigavano per la cura dei malati del cosiddetto mal degli ardenti o del fuoco sacro: una serie di gravi affezioni della pelle oggi riconosciuta come una serie di malattie differenti come l’ergotismo [18], l’herpes zoster, la sifilide (diffusasi in Europa dal Nuovo Mondo) e, occasionalmente, anche la lebbra e la peste. Evidentemente si confondevano malattie dai sintomi similari. L’ordine antoniano fondava ospedali che si diffusero a macchia d’olio in tutta Europa [19] e si sosteneva tramite elemosine, rendite, lasciti e l’allevamento dei maiali: questi ultimi potevano grufolare liberi, in quanto autorizzati e contraddistinti da un campanellino di riconoscimento, anche entro le mura delle città, diversamente dai maiali dei contadini. Siccome erano protetti contro i malintenzionati sia dalla legge che dalla paura di incorrere nelle ardenti ire del santo, la tradizione portò a identificare nei secoli il padre del monachesimo come protettore degli animali.

Dai suini gli antoniani di Vienne ottenevano nutrimento, per loro e per i malati, ed inoltre realizzavano degli unguenti emollienti per poter lenire le piaghe del male degli ardenti. I Canonici riscuotevano, o avevano incaricati che lo facessero per loro, facendosi riconoscere dal saio, dal bastone a forma di tau e suonavano una campanella d’argento. La riscossione dell’elemosina causava spesso controversie con altri ordini religiosi come ad esempio i benedettini dell’abbazia di Montmajour presso Arles, secolari rivali degli antoniani di Vienne [20].

I pellegrini erano una fonte di reddito per l’ordine: come avveniva ovunque nel mondo cristiano, ma in particolare, nella Provenza nel periodo avignonese dei papi, le loro visite muovevano l’economia dell’epoca. I pellegrini cercavano di salvare l’anima dalle pene dell’inferno e di toccare le sacre reliquie per guarire o proteggersi dal male, gli antoniani fornivano le modalità di riscatto. Capitava però che gli antoniani si facessero prendere la mano e che le reliquie venerate risultassero ridondanti tanto da mettere in dubbio la veridicità. Lo affermava Mario Equicola tramite il racconto di Domenico Santoro che ne riportava l’incredulità. Anche Dante Alighieri nella Divina Commedia era stato dello stesso parere dell’Equicola: nel Canto XXIX del Paradiso, Beatrice condanna i frati dell’Ordine di Sant’Antonio Abate che approfittavano della ingenuità degli uomini per ingrassare i propri maiali (arricchirsi).

Il cardinal Luigi d’Aragona nel diario di viaggio del 1517-1518 stilato dal de Beatis addirittura chiese ed ottenne la conta “osso per osso” [21] delle reliquie tra i due principali monasteri di Sant’Antonio Abate in Provenza per verificare la presenza di falsi: quello antoniano di Saint Antoine l’Abbaye e quello benedettino di Arles. Il cardinale restò interdetto nel constatare due corpi del santo in Provenza, “veri” chiodi della croce a sufficienza per cento croci, reliquie duplicate o triplicate, credenze, superstizioni, presenze di reliquie pagane e di mostri da bestiario medievale (come credenza popolare, si pensi al drago Tarascuro ucciso da santa Marta a Tarascona, riportato dall’Equicola e dal Santoro). Il cardinale lamentò venerazioni irrazionali e la presenza di un vero e proprio merchandising, come diremmo oggi, che si era sviluppato nel borgo attorno alla chiesa di Sant’Antonio: si vendevano statue del santo, campanelli, tau, porchetti d’argento (di bassa lega o “archimistrati”), ex voto a forma di braccio del santo. Il cardinale temeva che tali storture avrebbero potuto portare a pericolose conseguenze. Ed esse puntualmente ci furono perché durante la riforma protestante e le guerre che ne conseguirono furono fonti di critica feroce proprio le finte (e vere) reliquie, la perdita di spiritualità e soprattutto la vendita delle indulgenze. La stessa riforma protestante che mise in modo una serie di meccanismi per i quali l’Iter dell’Equicola scomparve dalla circolazione o subì censure per le sue “rivelazioni” su Maria Maddalena.

APPENDICE

Riporto, di seguito, il testo in latino della descrizione dell’organo musicale di Saint Antoine l’Abbaye e dei suoi automi musicali, tratto dall’Iter in Narbonensem Galliam, e la relativa traduzione in italiano, realizzata da Domenico Santoro nell’opuscolo Il viaggio di Isabella Gonzaga in Provenza.

“Vidimus praeterea Musicum Ingens organum… hoc dum folles accipiunt redduntque animas, occultos per meatus ventus stanneas inflat fistulas, Sibilaque excitat arguta harum gradatim altera alteram magnitudine altitudineque superat, vocemque hac proportione emittunt canthes: tum stridulam Tinnientemque tum gravem atque plenam: Peritus artifex ut qui folles commovet minister posteriori stat sic ipse anteriori sedet parte Digitis modo expansis, remissis semper errantibus modo, bratteas premit dentato ordine dispositas, hinc fistularum foramina auras referata accipiunt, modulatusque editur sonus qui nunc continuo spiritu trahitur in longum, nunc variatur inflexo, nunc distinguitur conciso. Dum tollit manum clauduntur eadem, ventumque non admittentia silent, spiritus enim ubi deficit, dissolvitur statim Cantus, Quod ante nostram aetatem neque visum neque auditum est, ingeniosissimus adolescens nostras excogitavit, ut illa eadem inclusa anima diversos imitaretur musicae modos, redditusque imprimis clangor tubarum, Tibiarum quoque vox promittitur, revocatur, infuscatur, ac siquis erranti intonaret digito, strepit illic reboatque doliolo ligneo. Utrinque corium extensum barcillo pulsatum gemino, Credas ferocissimos rhetios aut duros helvetioscieri in praelia, Haec alios me vero praecipue oblectarunt Giganteae staturae capita duoquae inane, quod inter eminentiores humilioresque fistulas est, occupabant ea agitante vento, vitro lucentia lumina humanos imitantia oculos extollebant deprimebantque grata gravitate. Aperto ore linguam exertam celeri motu vibrabant, erant et sublimiori fastigio Icones, quae pariter Aura penetrante se movebant, Sed nihil ad Barbatos istos Gigantes quorum alter Ethiops, alter nostri erat generis.”

“Vedemmo inoltre il grandioso organo musicale… Come i mantici accolgono ed emettono l’aria, il vento, suscitando arguti sibili, passa per occulti meati, entro canne metalliche, che, erette in ordine crescente per altezza e per grandezza, mandano, proporzionatamente, voce qua stridente e tinnula, là piena e grave. Or, mentre altri dal lato posteriore solleva e abbassa i mantici, l’esperto maestro che siede davanti, con le dita quando distese, quando ristrette, sempre erranti, preme i tasti disposti a forma di lamine in fila dentata; onde, aprendosi i fori delle canne, vi penetra il soffio e ne escono note armoniose, o lungamente tenute, o variamente modulate, o bruscamente rotte. Al levar delle mani, i fori si chiudono e, non lasciando più passare il vento, tacciono: mancando lo spiro, subito il canto. Ma – cosa non mai vista né udita prima di questi tempi – un ingegnosissimo giovine di nostra gente ha escogitato il modo di servirsi dell’aria stessa lì racchiusa per imitare diversi strumenti musicali: udresti così squillar le trombe, e la voce de’ flauti prolungarsi, arrestarsi, affiochirsi: se poi si pigia forte col dito su di un tasto, lo strepitare e il reboar di un tamburo, percosso da due bacchette, ti farebbe credere che i violentissimi Reti o i gagliardi Elvezii irrompano a battaglia. Di ciò si dilettaron gli altri; io rimasi specialmente ammirato di due teste gigantesche, collocate tra le canne più alte e le più basse: introducendosi nel loro cavo il vento, alzavano e reclinavano gravemente gli occhi vitrei, e, aperta la bocca, mettevan fuori e con celere moto vibravano la lingua. V’erano anche, al sommo, delle figure che, del pari, penetrandovi l’aria, si muovevano: un nulla in confronto di quei due giganti barbuti, l’uno di razza etiopica, l’altro di tipo nostrano.”

Traduzione di Domenico Santoro

NOTE

[1] – La località del Delfinato da La Motte Saint Didier prese il nome di Saint Antoine l’Abbaye per la presenza del santuario antoniano.

[2] – Nella sua casa di Mantova, l’Equicola vi aveva aggiunto una cartiera, fornita delle macchine necessarie, e una ferriera.

[3] – Bernhard Schirg, “Decoding da Vinci’s Impresa: Leonardo’s gift to cardinal Ippolito d’Este and Mario Equicola’s De Opportunitate”, Journal of the Warburg and Courtauld Institutes, LXXVIII (2015).

[4] – Si pensi ad esempio agli automi meccanici realizzati da Leonardo da Vinci o dal cremonese Gianello Torriani, orologiaio di Carlo V.

[5] – I primi orologi portatili (da non confondere con gli odierni orologi da polso) erano delle dimensioni di un piccolo mobiletto e cominciavano ad essere prodotti proprio ad inizio del Cinquecento.

[6] – Ricoprì anche importanti ruoli politici locali nel Delfinato.

[7] – Casi simili li troviamo in: Paola Dessì, “Organi, orologi e automi musicali: oggetti sonori per il potere”, Acta Musicologica, LXXXII/1 (2010) pp. 21-47.

[8] – Itinerario del viaggio del cardinale Luigi d’Aragona steso da Antonio de Beatis, in A. Chastel, Luigi d’Aragona. Un cardinale del Rinascimento in viaggio per l’Europa, Laterza, Roma-Bari 1987, p.251.

[9] – Abbaye Falco, Anton. hist. comp., f° CIIII.

[10] – Il testo originale in latino con la relativa traduzione di Domenico Santoro è negli approfondimenti del presente Quaderno.

[11] – Gli organi coevi cominciavano ad avere, già da fine Quattrocento, le canne più grosse al centro per ridurre l’effetto di ritardo nel suono delle note più basse, legato alla meccanica e alla quantità d’aria erogabile con i mantici.

[12] – Realizzati da Claus Karlen tra 1324 e 1327.

[13] – Si trattava di un’opera di avanzato artigianato da realizzare sin dal più piccolo pezzo particolare con le tecniche dell’epoca.

[14] – Città del Delfinato, capoluogo di Saint Antoine l’Abbaye. Sant’Antonio Abate era anche detto “di Vienne” o “di Bienna”.

[15] – Isabella d’Este avrà chiesto la guarigione del marito Francesco II.

[16] – I re di Francia erano ritenuti a loro volta taumaturghi, in particolare contro la scrofola (cfr. il saggio di Marc Bloch “I re taumaturghi”).

[17] – Bisogna sottolineare che Sant’Antonio Abate, ai tempi del viaggio in Provenza dell’Equicola, non era relegato al semplice ruolo odierno di patrono degli animali, bensì di taumaturgo contro il mal degli ardenti.

[18] – Forma di avvelenamento da una specie di fungo tossico, Claviceps purpurea, che infestava i raccolti di segale.

[19] – Cfr. Carlo Gelmetti, “Il fuoco di Sant’Antonio”, 2007, Springer: “L’Ordine arrivò a fondare 389 abbazie-ospedali in tutto il mondo cristiano di allora e divenne uno degli ordini religiosi ospedalieri più importante della storia”.

[20] – Con i benedettini di Montmajour era aperta anche la questione di chi possedesse, tra i due monasteri, le reliquie originali del santo.

[21] – da Ms. XF28.

Testi tratti da “I Quaderni dell’Archeoclub Val di Comino n. 2 – Atti del convegno Il viaggio di Isabella d’Este Gonzaga in Provenza, Alvito 29 aprile 20

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